⚙️ Le BIOS / UEFI
| Formation | BTS SIO option SISR — IRIS Mediaschool |
|---|---|
| Bloc | B1 — Infrastructure & Réseaux |
| Module | M1.2 — Architecture Matérielle |
| Prérequis | C1.2.3 — La Carte Mère |
🎯 Objectifs
- Comprendre le rôle du BIOS et de l'UEFI dans le démarrage d'un ordinateur
- Connaître la séquence de démarrage (POST → bootloader → OS)
- Différencier BIOS Legacy et UEFI
- Comprendre les schémas de partitionnement MBR et GPT
- Maîtriser le concept de Secure Boot et ses implications
- Savoir configurer et mettre à jour un firmware
📖 Qu'est-ce que le BIOS ?
Définition
Le BIOS (Basic Input/Output System) est un firmware — un logiciel intégré directement dans une puce de la carte mère. C'est le tout premier programme qui s'exécute lorsque vous allumez votre ordinateur, avant même le système d'exploitation.
Historique
Le BIOS a été introduit en 1981 avec le premier IBM PC. Pendant plus de 30 ans, il est resté le standard pour l'initialisation matérielle des ordinateurs compatibles PC. Il était stocké sur une puce ROM (Read-Only Memory), puis sur des puces EEPROM et Flash permettant les mises à jour.
Rôle du BIOS
- Initialiser le matériel : tester et configurer le processeur, la RAM, les contrôleurs de stockage, le clavier, etc.
- Exécuter le POST (Power-On Self-Test) : vérifier que tous les composants fonctionnent correctement
- Charger le bootloader : trouver le périphérique de démarrage et lancer le chargeur d'amorçage du système d'exploitation
- Fournir des services d'E/S de base : gestion minimale du clavier, de l'écran et des disques avant le chargement de l'OS
📖 La séquence de démarrage (Boot)
Vue d'ensemble
Lorsque vous appuyez sur le bouton Power, voici ce qui se passe :
| Étape | Description | Durée typique |
|---|---|---|
| 1. Mise sous tension | L'alimentation fournit le courant à la carte mère. Le signal Power Good est envoyé au CPU. | < 1 s |
| 2. Reset CPU | Le processeur est réinitialisé et commence à exécuter le code à l'adresse mémoire 0xFFFFFFF0 (vecteur de reset), qui pointe vers le BIOS. | < 1 s |
| 3. POST | Le BIOS teste la RAM, le CPU, le GPU, les contrôleurs. En cas d'erreur, des bips sonores signalent le problème. | 1-5 s |
| 4. Détection matériel | Le BIOS énumère les périphériques (disques, USB, réseau PXE) et affiche les informations à l'écran. | 1-3 s |
| 5. Chargement bootloader | Le BIOS lit le secteur d'amorçage (MBR ou ESP) du premier périphérique de boot et charge le bootloader en mémoire. | < 1 s |
| 6. Lancement OS | Le bootloader (GRUB, Windows Boot Manager) charge le noyau du système d'exploitation. | 5-30 s |
📖 Le POST en détail
Tests effectués
Le POST (Power-On Self-Test) effectue une série de vérifications matérielles :
- Test du CPU : vérification des registres et des instructions de base
- Test de la RAM : comptage et vérification de la mémoire disponible
- Test du GPU : initialisation de la carte graphique pour l'affichage
- Test des contrôleurs : vérification du contrôleur clavier, des ports série/parallèle
- Test des périphériques de stockage : détection des disques SATA, NVMe, USB
- Vérification de la somme de contrôle CMOS : s'assurer que les paramètres du BIOS sont intacts
Codes bip (Beep Codes)
En cas d'erreur, le BIOS émet des séquences de bips sonores via le haut-parleur interne (PC Speaker). Ces codes varient selon le fabricant du BIOS :
| Bips | Signification (AMI BIOS) | Signification (Award BIOS) |
|---|---|---|
| 1 bip court | POST réussi, tout OK | POST réussi |
| 1 long + 2 courts | Erreur carte graphique | Erreur carte graphique |
| 3 bips courts | Erreur RAM (premiers 64 Ko) | — |
| 5 bips courts | Erreur processeur | — |
| Bips continus | Erreur alimentation ou RAM | Erreur RAM |
| 1 long + 3 courts | — | Erreur mémoire étendue |
Les cartes mères modernes utilisent souvent un afficheur LED à 2 chiffres (Debug LED / Q-Code) ou des LED de diagnostic (CPU, DRAM, VGA, BOOT) à la place des bips.
📖 Configuration du BIOS
Accès au BIOS
Pour entrer dans le BIOS/UEFI, il faut appuyer sur une touche spécifique au tout début du démarrage :
| Constructeur | Touche d'accès |
|---|---|
| ASUS, MSI, Gigabyte | Suppr ou Del |
| Dell | F2 |
| HP | F10 ou Échap |
| Lenovo | F1 ou F2 |
| Acer | F2 |
| Boot Menu (universel) | F12 ou F8 |
Paramètres essentiels
- Ordre de boot : définir la priorité des périphériques de démarrage (SSD, USB, réseau PXE)
- Date et heure : horloge système RTC (Real-Time Clock), maintenue par la pile CMOS
- Mode SATA : AHCI (recommandé pour SSD) vs IDE (compatibilité anciens OS) vs RAID
- Activation/Désactivation composants : ports USB, audio intégré, carte réseau, Bluetooth
- Virtualisation : activer
Intel VT-xouAMD-V(nécessaire pour les hyperviseurs) - Mots de passe BIOS : mot de passe superviseur (accès BIOS) et mot de passe utilisateur (boot)
- TPM : activer le module de plateforme sécurisée (requis pour Windows 11, BitLocker)
📖 UEFI : l'évolution du BIOS
Historique
Le standard EFI (Extensible Firmware Interface) a été développé par Intel à la fin des années 1990, initialement pour les serveurs Itanium. En 2005, l'UEFI Forum a pris en charge le développement, créant le standard UEFI (Unified EFI). Depuis 2012, la quasi-totalité des PC utilisent l'UEFI.
Avantages de l'UEFI
- Interface graphique : navigation à la souris, menus visuels, pas seulement du texte bleu
- Support réseau natif : possibilité de mise à jour du firmware via Internet
- Drivers EFI : les drivers peuvent être chargés indépendamment de l'OS
- Démarrage plus rapide : optimisation de l'initialisation parallèle des composants
- Support GPT : disques de plus de 2 To, jusqu'à 128 partitions
- Secure Boot : vérification cryptographique du bootloader
- Shell UEFI : environnement de commandes intégré pour le diagnostic
Comparaison BIOS Legacy vs UEFI
| Critère | BIOS Legacy | UEFI |
|---|---|---|
| Année d'introduction | 1981 | 2005 (généralisé ~2012) |
| Interface | Texte, clavier uniquement | Graphique, souris + clavier |
| Mode processeur | 16 bits (Real Mode) | 32/64 bits (Protected Mode) |
| Schéma de partition | MBR | GPT (+ MBR en compatibilité) |
| Taille max disque boot | 2 To | 18 Eo (exaoctets) |
| Nombre max partitions | 4 primaires | 128 |
| Secure Boot | Non | Oui |
| Réseau | Non natif | Oui (stack TCP/IP intégrée) |
| Temps de boot | Plus lent | Plus rapide |
| Stockage firmware | ROM / Flash (< 16 Mo) | Flash SPI (jusqu'à 32 Mo+) |
📖 MBR vs GPT
MBR (Master Boot Record)
Le MBR est le schéma de partitionnement historique, introduit en 1983 avec MS-DOS. Le MBR occupe les 512 premiers octets du disque et contient :
- Le code bootstrap (446 octets) : le code de démarrage minimal
- La table de partitions (64 octets) : 4 entrées de 16 octets → maximum 4 partitions primaires
- La signature de boot (2 octets) :
0x55AA
Limitation principale : taille maximale de 2 To par partition (adressage LBA 32 bits).
GPT (GUID Partition Table)
Le GPT fait partie du standard UEFI et remplace le MBR. Caractéristiques :
- Jusqu'à 128 partitions (sans partition étendue)
- Taille maximale théorique : 9,4 Zo (zettaoctets) — adressage LBA 64 bits
- Chaque partition a un GUID (Globally Unique Identifier) unique
- Redondance : table de partitions sauvegardée à la fin du disque
- CRC32 : somme de contrôle pour détecter la corruption
- Inclut un MBR protectif pour compatibilité avec les anciens outils
Partition ESP (EFI System Partition)
En mode UEFI+GPT, le disque contient une partition spéciale appelée ESP (EFI System Partition) :
- Formatée en FAT32
- Taille typique : 100-550 Mo
- Contient les fichiers
.efides bootloaders :\EFI\Microsoft\Boot\bootmgfw.efi(Windows),\EFI\ubuntu\grubx64.efi(Ubuntu) - Point de montage Linux :
/boot/efi
| Critère | MBR | GPT |
|---|---|---|
| Partitions max | 4 primaires (ou 3 + étendue) | 128 |
| Taille max partition | 2 To | 18 Eo |
| Firmware requis | BIOS ou UEFI+CSM | UEFI |
| Redondance table | Non | Oui (début + fin du disque) |
| Contrôle intégrité | Non | CRC32 |
| Identification | Type byte | GUID unique |
📖 Secure Boot
Principe
Le Secure Boot est une fonctionnalité de l'UEFI qui empêche le chargement de logiciels non signés au démarrage. Il établit une chaîne de confiance : le firmware ne charge que des bootloaders et drivers dont la signature est vérifiée.
Clés cryptographiques
| Clé | Nom complet | Rôle |
|---|---|---|
PK | Platform Key | Clé racine du propriétaire de la plateforme (constructeur OEM). Une seule PK autorisée. |
KEK | Key Exchange Key | Clés autorisées à modifier les bases de données db/dbx. Typiquement : clé Microsoft + clé constructeur. |
db | Allowed Signatures Database | Liste des signatures et certificats autorisés (bootloaders de confiance). |
dbx | Forbidden Signatures Database | Liste noire des signatures révoquées (logiciels compromis). |
Secure Boot et Linux
Par défaut, Secure Boot ne contient que les clés Microsoft. Pour démarrer Linux :
- Les distributions majeures (Ubuntu, Fedora, SUSE) utilisent un shim : un petit bootloader signé par Microsoft qui charge ensuite GRUB
- MOK (Machine Owner Key) : mécanisme permettant d'ajouter ses propres clés de confiance via
mokutil - Alternative : désactiver Secure Boot dans le BIOS/UEFI (déconseillé en production)
Vérifier l'état de Secure Boot sous Linux
# Vérifier si Secure Boot est actif
mokutil --sb-state
# Lister les clés inscrites
mokutil --list-enrolled
📖 CSM (Compatibility Support Module)
Principe
Le CSM est un module de compatibilité intégré à l'UEFI qui émule un BIOS Legacy. Il permet de démarrer des systèmes d'exploitation qui ne supportent pas l'UEFI (ex : Windows XP, certaines distributions Linux anciennes).
Modes de fonctionnement
| Mode | Firmware | Partition | Secure Boot | Usage |
|---|---|---|---|---|
| UEFI natif | UEFI | GPT + ESP | Disponible | Recommandé (Win 10/11, Linux moderne) |
| CSM / Legacy | BIOS émulé | MBR | Non | Anciens OS, compatibilité |
| UEFI + CSM | Les deux | MBR ou GPT | Variable | Transition, dual-boot legacy |
⚠️ Attention : Windows 11 exige l'UEFI natif avec Secure Boot et TPM 2.0. Le mode CSM doit être désactivé.
📖 Mise à jour du firmware
Pourquoi mettre à jour ?
- Correction de failles de sécurité (ex : vulnérabilités Spectre/Meltdown au niveau firmware)
- Support de nouveaux CPU : une nouvelle génération de processeur nécessite souvent un BIOS à jour
- Amélioration de la stabilité et compatibilité mémoire
- Ajout de fonctionnalités (nouveau support RAID, amélioration fan control)
Méthodes de mise à jour
| Méthode | Description | Risque |
|---|---|---|
| Via l'UEFI (EZ Flash / M-Flash / Q-Flash) | Charger le fichier BIOS depuis une clé USB directement dans l'UEFI | Faible |
| Utilitaire Windows | Logiciel constructeur qui flashe depuis l'OS (MSI Live Update, ASUS AI Suite) | Moyen |
| BIOS Flashback | Flashage via un port USB spécial, sans CPU ni RAM installés. Bouton dédié sur le panneau I/O. | Très faible |
| Mise à jour réseau | Certaines cartes serveur (IPMI/BMC) permettent la mise à jour à distance | Faible |
Risques
Une coupure de courant ou une erreur pendant le flashage peut bricker la carte mère (la rendre inutilisable). Précautions :
- Ne jamais éteindre l'ordinateur pendant le flashage
- Utiliser un onduleur (UPS) si possible
- Préférer la méthode via l'UEFI ou BIOS Flashback
- Télécharger le firmware uniquement depuis le site officiel du constructeur
📖 Reset CMOS
La pile CMOS
La pile CR2032 (pile bouton 3V) alimente la mémoire CMOS qui stocke les paramètres du BIOS (date/heure, configuration matérielle, mots de passe). Quand cette pile est vide, les paramètres sont réinitialisés à chaque extinction.
Quand réinitialiser le CMOS ?
- Mot de passe BIOS oublié
- Overclocking instable empêchant le démarrage
- Paramètres incorrects (mauvais mode SATA, mauvais ordre de boot)
- Carte mère ne démarrant plus après un changement matériel
Méthodes de reset
- Retirer la pile CMOS : éteindre, débrancher, retirer la pile 30 secondes, remettre
- Jumper Clear CMOS : déplacer le jumper CLRTC/JBAT1 de la position 1-2 à 2-3 pendant 10 secondes
- Bouton Clear CMOS : certaines cartes mères ont un bouton dédié sur le panneau I/O
📖 Commandes de diagnostic
Sous Linux
# Informations BIOS/UEFI
sudo dmidecode -t bios
# Vérifier le mode de démarrage (UEFI ou BIOS)
[ -d /sys/firmware/efi ] && echo "UEFI" || echo "BIOS Legacy"
# Lister les entrées de boot UEFI
efibootmgr -v
# Voir les partitions (identifier ESP)
lsblk -f
# Vérifier Secure Boot
mokutil --sb-state
Sous Windows
REM Vérifier le mode de démarrage
msinfo32
REM Chercher "Mode BIOS" → UEFI ou Hérité
REM Informations firmware en PowerShell
Get-ComputerInfo | Select-Object BiosBIOSVersion, BiosManufacturer, BiosSMBIOSBIOSVersion
REM Vérifier Secure Boot
Confirm-SecureBootUEFI
📝 QCM — Testez vos connaissances
- Que signifie BIOS ?
- Que vérifie le POST au démarrage ?
- Quelle est la principale amélioration de l'UEFI par rapport au BIOS ?
- Quelle est la limite de taille de partition avec MBR ?
- Combien de partitions primaires maximum avec MBR ?
- Que fait le Secure Boot ?
- Comment réinitialiser les paramètres du BIOS ?
- Quelle commande Linux vérifie le mode de démarrage (UEFI ou BIOS) ?
📝 Afficher les corrections
- Basic Input/Output System — Le BIOS est le firmware qui initialise le matériel au démarrage de l'ordinateur.
- Le bon fonctionnement du matériel (CPU, RAM, GPU) — Le POST (Power-On Self-Test) teste les composants critiques avant de charger le système d'exploitation.
- Support des disques GPT, Secure Boot et interface graphique — L'UEFI apporte le support GPT (>2 To), le Secure Boot et une interface moderne avec souris.
- 2 To — Le MBR utilise un adressage LBA 32 bits, limitant les partitions à 2 To maximum.
- 4 — La table de partitions MBR ne supporte que 4 entrées de 16 octets (4 partitions primaires).
- Vérifie la signature cryptographique du bootloader — Le Secure Boot empêche le chargement de logiciels non signés au démarrage, établissant une chaîne de confiance.
- Retirer la pile CMOS ou utiliser le jumper Clear CMOS — Le reset CMOS efface tous les paramètres BIOS et restaure les valeurs par défaut.
- ls /sys/firmware/efi — Si le dossier /sys/firmware/efi existe, le système a démarré en mode UEFI.
Le BIOS/UEFI est le firmware qui initialise le matériel et lance le système d'exploitation. L'UEFI, successeur moderne du BIOS, apporte le support des disques GPT (> 2 To), le Secure Boot (chaîne de confiance cryptographique) et une interface graphique. En environnement professionnel, maîtriser la configuration UEFI (ordre de boot, virtualisation, Secure Boot, TPM) est essentiel pour le déploiement et la sécurisation des postes.
